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Avortement sécurisé : au-delà des tabous, le droit à la vérité

Derrière les jugements et les silences, l’avortement médicalisé reste un sujet de santé publique.

Loin des mythes et des fausses croyances, l’avortement sécurisé est une procédure médicale encadrée, légale dans certains cas au Bénin, et cruciale pour sauver des vies. Pourtant, la désinformation, la peur et le silence pèsent encore lourdement sur les épaules des femmes. Il est temps de déconstruire.

 Mythe n°1 : « L’avortement rend stérile. C’est la honte à vie. »

Tu as peut-être déjà entendu cette phrase chuchotée dans un coin de la cour, ou vue dans les regards lourds de jugement : « Ici, on ne parle pas de ça. L’avortement, c’est un crime, un péché, la fin de tout. » Ce n’est pas l’avortement qui tue, ce sont les conditions dans lesquelles on l’impose.

Selon des affirmations, l’avortement rendrait stérile, voire maudirait les femmes. En réalité, ce sont les avortements clandestins et non sécurisés qui causent des complications graves : hémorragies, infections, voire décès. Un avortement médicalisé, encadré par un personnel qualifié et conforme aux recommandations de l’OMS, est l’une des interventions médicales les plus sûres.

Le cas d’A., étudiante à Cotonou, est révélateur : « J’avais peur, personne ne m’a orientée. Résultat : j’ai failli mourir.» Son histoire est celle de nombreuses femmes privées d’information et de choix sécurisé.

Témoignage (inspiré de récits réels) : « A., 22 ans, étudiante à Cotonou, terrifiée à l’idée de devoir abandonner ses études, a eu recours à une ‘faiseuse d’anges’. Résultat : une hémorragie sévère qui a failli lui coûter la vie et une infection qui a mis des mois à guérir. Aujourd’hui, elle milite pour que personne ne vive ce qu’elle a vécu. Son histoire n’est pas une condamnation de son choix, mais de l’impossibilité de le faire en sécurité. »

Mythe n°2 : « C’est un crime, un meurtre. Point final. »

Ce n’est pas un crime. C’est un soin. L’avortement est souvent stigmatisé comme un acte immoral ou criminel. Pourtant, la loi béninoise de 2021 autorise l’avortement dans plusieurs situations : viol, inceste, danger pour la vie de la mère, ou malformation grave du fœtus. C’est une avancée. Mais encore trop de femmes et même de professionnels ignorent ce droit.

Refuser à une femme le droit de décider, c’est lui retirer son autonomie. La justice reproductive, c’est reconnaître que chaque femme a le droit de disposer de son corps, sans être jugée ni mise en danger.

Mythe n°3 : « En parler, c’est encourager les jeunes à être irresponsables. »

Parler, c’est prévenir. Se taire, c’est condamner. Parler d’avortement ne pousse pas à l’irresponsabilité. Informer, c’est protéger. L’éducation sexuelle complète et l’accès à la contraception permettent de réduire les grossesses non désirées. Mais lorsqu’elles surviennent, chaque femme doit pouvoir faire un choix éclairé, sûr et respecté. Le vrai danger vient du silence. Il isole, culpabilise et tue. C’est pourquoi plusieurs associations tel que L’association Bénin Synergie des Femmes (BSF) s’engagent pour accompagner les mères et jeunes filles, informer et briser les tabous.

Brisons les chaînes du silence

Ce combat n’est pas une revendication étrangère. C’est une urgence béninoise, un enjeu de santé publique, de justice sociale et de respect fondamental des droits humains.

Continuons à parler, à informer, à exiger l’application de la loi, à soutenir celles qui en ont besoin. Car aucune femme ne devrait risquer sa vie pour avoir voulu la choisir.

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